Les États-Unis viennent de mettre au jour la plus vaste fraude à la carte bancaire jamais réalisée : 130 millions de comptes ont, en effet, été piratés entre fin 2006 et début 2008. À l'origine de ce cyberbraquage, Albert Gonzales, un jeune et génial crack en informatique de 28 ans, qui n'est pas un inconnu pour les autorités américaines, loin s'en faut.

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« Une police internationale pour Internet est urgente »

Jean-Philippe Bichard est expert en cybercriminalité, porte-parole de l'éditeur de logiciels Kaspersky Lab.

Une fraude massive comme celle survenue aux États-Unis est-elle possible en France ?

Cette affaire soulève plusieurs aspects de la cybercriminalité. Il faut tout d'abord dire qu'en France nous sommes davantage protégés du piratage car nos cartes bancaires sont dotées d'une puce électronique, ce qui n'est pas le cas aux États-Unis où les cartes ne fonctionnent qu'avec une piste magnétique. Par ailleurs le paiement par carte de crédit est plus développé que chez nous. Ceci dit, les techniques employées pendant plusieurs années par ce jeune hacker - qui avait été recruté par le FBI avant de retourner sa veste - pour voler des numéros sont bien sûr reproductibles chez nous. La constitution de réseaux d'ordinateurs « zombies », c'est-à-dire la prise de contrôle d'ordinateurs d'une entreprise ou d'un particulier à leur insu pour mener des activités de piratage sont possibles. Surtout cette affaire illustre le caractère international de ces fraudes ; le hacker américain a bénéficié de complicité à l'étranger. La cybercriminalité devient mondiale et tentaculaire comme une sorte de mafia.

Les États et les entreprises sont-ils bien préparés pour faire face à cette cybercriminalité mondiale ?

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